Historique du château d'Ogny.

Situé à trois kilomètres au sud de Saint-Julien en Genevois, le château d'Ogny a été construit avant 1339, date à laquelle Jean de Ternier en fit la reconnaissance à Aimé de Savoie, comte de Genevois. Par jeu de succession, les propriétaires se substituèrent les uns aux autres. En 1396, le château d'Ogny passa des mains des Ternier à celle des Genève qui jurèrent fidélité à leur donateur. Lorsque le château appartenait aux Ternier, il était déjà fortifié et des fossés participaient également à sa défense. Entre 1401 et 1405 les Genève, en refusant de renouveler leur serment auprès des Terniers, poussèrent ces derniers à attaquer le château d'Ogny pour le reprendre, mais cela échouera.
Plus tard, l'édifice revint à la famille des Compey, ces derniers étant cousins de la famille de Genève. L'héritière des Compey, Etiennette d'Espagny, femme de Charles de Compey, se remaria après le décès de ce dernier, une première fois avec François de Pontverre, puis, à la mort de celui-ci, avec Jean de Chatillon.
À son tour, à la fin du XVIe Siècle, il légua le château d'Ogny à son neveu, Etienne de Saconnay, le transmettant ainsi à la famille du même nom.

On sait qu'en 1589, alors que la Savoie entreprenait une reconquête catholique de Genève, des troupes bernoises et genevoises dévastèrent la contrée, affligeant alors à l'édifice ses premiers dégâts importants.
Enfin, Ignace-Antoine, le dernier des Saconnay et seigneur d'Ogny, résident permanent du château, le transmit à son tour par donation à François Joseph de Viry en 1749. Le bâtiment et son domaine restèrent ensuite dans la famille de Viry.
Le Baron de Viry y entretint des fermiers sur les terres déjà morcelées du domaine d'Ogny jusqu'en 1864, date à laquelle il aurait vendu le château et ses terres à un agriculteur: Jean Pierre Favre. En 1891, c'est Louis Favre qui en devient le propriétaire jusqu'en 1923, date à laquelle la bâtisse et une partie de ses terres reviennent à Louis Duvernay.
Aujourd'hui, Eric Reyhl est le propriétaire du château depuis les années 1970, ce dernier prenant le titre de maison secondaire. Lorsqu'il obtint l'édifice, Eric Reyhl entreprit un important chantier sur le domaine, à la suite d'un incendie survenu le 11 novembre 1963 qui ravagea une grande partie de l'édifice.

Description.

Construit sur un monticule dont le flan sud-est est au dessus d'un ravin où y coule aujourd'hui la rivière du Grant Nant, le château avait alors l'avantage d'être protégé de toute approche, et en particulier par le sud.
Le domaine est également bordé par une forêt qui, de nos jours, mesure environ deux hectares qui se terminent à l'actuelle autoroute blanche, et qui entoure le bâtiment de tous côté, excepté le flanc sud-ouest.
Certains documents donnent à penser que le château comportait quatre tours de 8 m. de diamètre selon le modèle du carré savoyard. Aujourd'hui, l'édifice ne comporte plus qu'une seule tour, se trouvant à l'angle ouest du château, et ne mesurant actuellement plus que vingt mètres septante-cinq, hauteur plus faible que lors de sa conception. La construction de cette tour diffère selon son élévation. En effet, à partir d'une certaine hauteur, elle se caractérise par ses angles à pan coupé lui donnant une forme hexagonale, propice à la défense. En 2011, Eric Reyhl fit remonter le niveau supérieur de la tour, jusqu'alors décapitée, afin de la pourvoir d'un toit conique. Le départ d'une seconde tour ruinée est perceptible à l'angle sud de l'édifice, tandis qu'à l'intérieur du bâtiment, au nord, la disposition des murs semble indiquer l'ancienne présence d'une troisième tour.
Les anciens remparts du château, pour leur part, ont été en partie détruits et en partie consolidés pour éviter l'éboulement des murs. Certaines traces encore visibles en contrebas du domaine laissent penser que le château possédait deux lignes de remparts.
Si le château fut, à une époque, une maison forte, il devint par la suite un domaine agricole dont les traces des dernières écuries et étables sont encore visibles. De part et d'autre de la cour intérieure on peut encore voir, à l'ouest, les vestiges de l'écurie incendiée en 1963, ainsi qu'une importante dépendance agricole à l'est, probablement construite peu après le milieu du XIXe siècle.
Si la façade nord-ouest, peu percée d'ouvertures et à caractère défensif, donne sur des champs et sur un ancien fossé, celle au sud-ouest révèle l'entrée actuelle d'une cour encore pavée. La façade donnant sur cette cour, remaniée très récemment, comporte trois étages sur rez-de-chaussée.
Plusieurs dispositions intérieures datent encore du XIXème siècle, comme l'escalier tournant à noyau évidé en granit, muni d'un intéressant garde-corps de ferronnerie, qui a été prolongé d'un étage lors de la surélévation récente. La distribution de l'appartement du deuxième étage fait état d'une distribution inchangée depuis le XIXe siecle. Avec son couloir desservant différentes chambres, comportant un lattis et un plâtrage, et encore munies de leur armoire et de leur porte à attique vitrée.
S'il y a actuellement trois étages, dont des combles, nous savons qu'à l'époque d'Ignace-Antoine de Saconnay, le château possédait des appartements sur deux étages, ainsi qu'un grenier et une cave en souterrain. Le rez-de-chaussée contenait les cuisines, une chambre avec un poêle et une autre pièce appelée « la dépense ».

 

Source : DE SOUSA Coralie - Université de Genève 2013 -